3 CEOs von deutschen Konzernen in Frankreich setzen sich für Europa ein

L’Union européenne est à un tournant majeur. Le 31 octobre 2019, ses principales institutions vont être renouvelées dans un contexte international très particulier (repli américain, ambitions chinoises, Brexit, climat de défiance entre Paris et Berlin…). Menacée également de l’intérieur (crise de représentativité, montée des populismes), l’UE doit se réinventer pour surmonter ces défis. Elle doit ouvrir une nouvelle ère de son intégration, certes jusque là très imparfaite, mais « qui a réussi au-delà de toutes les espérances, dépassant toutes les attentes et les rêves de ses initiateurs » comme le souligne* très justement Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.

A la veille des élections au Parlement européen (23 au 26 mai), BASF, Boehringer Ingelheim et Merck s’engagent en faveur de l’intégration européenne et du renforcement du partenariat franco-allemand. Ces trois « poids lourds » de l’industrie européenne et mondiale empreints d’un fort ancrage historique des deux côtés du Rhin, emploient à eux trois 127 700 personnes dans les deux pays, pour un chiffre d’affaires cumulé en 2018 de plus de 95 Mds €.

Sollicités par Acteurs du franco-allemand, Thierry Herning, président de BASF France, Jean Scheftsik de Szolnok, Président de Boehringer Ingelheim France et Thierry Hulot, Président de Merck France font des propositions pour bâtir une Europe de la jeunesse, une Europe de l’innovation et une Europe capable de faire émerger des champions industriels continentaux, armés pour rivaliser avec leurs grands concurrents étrangers.

Sylvain Etaix, fondateur d’Acteurs du Franco-allemand
* En préface de l’« Etat de l’Union 2019 » Rapport Schuman 2019 sur l’Europe, Collections Lignes de repères, éditions Marie B, mars 2019.

 

 

Thierry Herning, Président de BASF France
Crédit : BASF-SE / Hans-Juergen Doelger

Plaidoyer pour une jeunesse européenne

« À l’heure du Brexit, force est de constater que le beau projet européen, malgré ses indiscutables atouts et de belles réussites, peine à créer la cohérence et l’unité nécessaires à l’émergence d’un sentiment d’appartenance européen, socle indispensable d’une Europe forte. Nous pouvons heureusement agir, et plus particulièrement auprès des jeunes générations : en encourageant les jeunes citoyens européens à pratiquer les langues étrangères et à s’ouvrir aux autres cultures, en les incitant à la mobilité transfrontalière. Ce faisant, il faut créer des ponts entre l’école et l’entreprise pour contribuer à l’employabilité des jeunes, notamment en favorisant l’alternance et l’apprentissage. Le couple franco-allemand offre pour cela un terreau formidable nourri des atouts de chacun de nos deux pays et de l’interaction de leurs économies, auxquelles s’ajoutent une coopération institutionnelle étroite et des synergies nombreuses entre secteurs d’activité.
BASF, qui s’est construit aussi grâce au marché unique et à l’UE, réalise près de la moitié de ses ventes mondiales en Europe et y emploie 65 000 personnes sur près de 100 sites. Chez BASF France, nous avons à coeur de faire naître des vocations scientifiques, révéler les talents de demain et donner sa chance à chacun : à travers ces enjeux, la jeunesse est l’un des piliers de notre engagement sociétal. Partenariat avec l’OFAJ*, participation au programme Erasmus +, développement de l’apprentissage : BASF France a fait le choix de parier sur la jeunesse pour contribuer au réveil de l’Europe ».

* Office Franco-Allemand pour la Jeunesse

 

 

Jean Scheftsik de Szolnok, Président de Boehringer Ingelheim France
Crédit : Frank Daum / Boehringer Ingelheim Pharma

Plaidoyer pour des industriels champions européens

« Dans un contexte d’incertitude et de concurrence acharnée entre les principales puissances économiques, face aux positions isolationnistes des Etats-Unis et à l’émergence de la Chine, l’union doit plus que jamais faire la force pour atteindre la taille critique et rester compétitif. Ce constat exige donc l’émergence de champions européens. Les envies de Brexit de la Grande-Bretagne mettent encore plus en lumière le besoin d’un moteur franco-allemand. Ce besoin de leadership et d’unité s’est matérialisé récemment lors de la visite du président chinois Xi Ping à Paris avec la présence, à l’invitation du Président Macron, de la chancelière allemande Angela Merkel et du président du conseil européen Jean-Claude Juncker.

Alors même que la commission européenne a fait avorter la fusion entre Alstom et Siemens Mobility, il est indispensable de renforcer nos liens. Face à ce nouveau défi, Bohringer Ingelheim participe activement à la construction de groupes européens puissants en articulant son développement autour de trois socles complémentaires (Allemagne, Autriche, France), tant au niveau de la R&D que de la production. C’est en bâtissant un marché commun industriel, de l’emploi et des finances publiques que l’Allemagne et la France préfigureront l’Europe de demain ».

 

 

Thierry Hulot, Président de Merck France
Crédit : Merck France

Plaidoyer pour un accès équitable à l’innovation au sein de l’Union européenne

« Depuis plus de 70 ans, la force des liens franco-allemands est un moteur de paix, de stabilité et de prospérité sur le continent européen. En tant que société de Science et de Technologie ayant des racines profondes et une forte empreinte économique en Europe, Merck est résolument engagée en faveur d’une Europe unie, forte et durable, capable de résoudre les défis tant économiques, démographiques, technologiques que scientifiques des années à venir et contribuer à améliorer chaque jour la vie quotidienne de nos concitoyens.

Dans le domaine de la santé par exemple, les changements démographiques et une prévalence de plus en plus élevée des maladies chroniques exerceront à l’avenir une pression considérable sur les systèmes de santé européens. Or de nombreux traitements prometteurs devraient être disponibles au cours des prochaines années. De fait, l’un des principaux défis de l’Europe de demain sera de garantir pour chaque citoyen, un accès équitable à ces nouveaux traitements mais également à l’ensemble des innovations disponibles sur le continent. La question de l’acceptabilité de ces innovations et des nouvelles technologies est également un sujet primordial dont nous devons collectivement nous emparer. Chez Merck, nous sommes persuadés que cela doit faire l’objet d’un dialogue constructif entre citoyens, chercheurs, industriels et sphère politique. Nous avons encore beaucoup à apprendre les uns des autres et notamment au travers de nos échanges au sein du couple franco-allemand, pour que nos innovations, jour après jour, continuent à améliorer la qualité de vie de 500 millions d’européens ».