Die Deutsch-Französische Parlamentarische Versammlung: der Tag, an dem alles begann…

La première session de l’Assemblée parlementaire franco-allemande s’est tenue le 25 mars 2019 au Palais Bourbon. La prochaine session est programmée à l’automne 2019.

Dimanche 22 octobre 2017. Berlin. 26 jours après le discours de la Sorbonne, 4 parlementaires (3 Allemands et 1 Français) se retrouvent dans un café autour d’une bière. Le Français, Christoph Arend, Président du groupe d’amitié France-Allemagne à l’Assemblée Nationale : « Nous étions Andreas Jung* de la CDU/CSU, Michael Geor Link du FDP, Franziska Brantner de Bündnis 90/Die Grünen et moi-même », relate le député LREM de Moselle. Seuls ces trois députés allemands ont répondu à l’appel du président français dans une tribune parue quelques jours plutôt dans la presse allemande. « Si en Octobre 2017, les négociations de coalition avaient abouti, la Chancelière et le président français auraient ratifié en janvier 2018 le Traité de l’Elysée 2.0. Et Aix-la-Chapelle n’aurait jamais vu le jour » explique Christophe Arend.
Mais l’histoire a été tout autre…

Brexit und das Scheitern der Jamaika-Koalition

« Le Brexit a été l’une des conditions qui nous a permis d’avancer sur un accord parlementaire franco-allemand. L’autre élément important a été l’échec de la coalition “Jamaïque“ en Allemagne. Nous savions que notre fenêtre de tir serait au maximum d’un an, avant le début de la campagne européenne pour arriver à notre objectif : institutionnaliser la relation parlementaire franco-allemande ». Le chirurgien dentiste de formation préside la première session de travail. « Nous étions 9 députés français et 9 députés allemands. Les Français se sont installés d’un côté, les Allemands de l’autre… » se souvient-il, « mais dès la seconde session, chacun parlant la langue de l’autre, ils se sont regroupés par affinité politique. Nous avons tenu une réunion tous les mois jusqu’à la finalisation de nos accords parlementaires le 8 octobre 2018 ». Accords qui seront signés le 11 mars 2019 par le président de l’Assemblée Nationale, puis le 20 mars 2019 par le président du Bundestag. La première session s’est tenue le 25 mars à Paris.

Coprésidée par Wolfgang Schäuble et Richard Ferrand, cette nouvelle Assemblée n’a pas eu de mal à trouver des candidats, aussi bien dans la majorité, « nous avons eu 80 candidats chez LREM pour 27 sièges », que dans les partis d’opposition (France Insoumise et l’AfD, sont notamment représentés**).

Beitrag zur Ausarbeitung des Vertrags von Aachen

Les parlementaires de la nouvelle Assemblée (dont les délibérations ne sont que consultatives, ndlr) ont largement inspiré le contenu du Traité d’Aix-la-Chapelle, en étant, pendant plus d’un an, au contact régulier des négociateurs du Traité. Paraphrasant Georges Clémenceau, _ « La relation franco-allemande est beaucoup trop sérieuse pour la confier uniquement à nos exécutifs et à nos gouvernements »_, Christoph Arend souhaite que cette Assemblée bilatérale puisse contribuer « à créer du lien dans la société civile et ramener la relation franco-allemande au plus près des préoccupations des citoyens ». Le transfrontalier est un sujet propice pour supprimer « les irritants du quotidien ». Un important chapitre du Traité lui est consacré. « Un comité de pilotage transfrontalier sera bientôt constitué. Les Eurodistricts oeuvrent pour trouver des solutions concrètes sur les sujets de mobilité et d’emploi par exemple ».

Pour le député de Moselle, la France et l’Allemagne doivent dépasser leurs antagonismes et trouver des compromis sur les grands sujets d’actualité : transition énergétique, Brexit ou encore négociations commerciales avec les États-Unis. « La tribune d’Annegret Kramp-Karrenbauer était celle d’un chef de parti en campagne. La presse française a surtout retenu les points de divergence : le siège du parlement, l’ONU et la Défense. Mais il y a aussi des éléments de convergence. Je ne doute pas de la volonté d’AKK de travailler avec la France. Laissons passer les élections européennes. L’Allemagne va connaître des élections municipales et 4 scrutins régionaux ces prochains mois (Brême, Brandebourg, Saxe et Thuringe, ndlr) qui peuvent aussi avoir leur importance ».

Sylvain Etaix

 

* tous trois sont membres du bureau de l’Assemblée parlementaire franco-allemande. Michael Geor Link a été ministre fédéral des affaires européennes de janvier 2012 à décembre 2013.

** liste complète des députés sur http://www.bitly.fr/b1h.