Auf der Suche nach dem verlorenen Vertrauen

En reportant l’annonce du plan de relance de 100 Mds à ce jeudi 3 septembre au lieu du 25 août, le gouvernement français a priorisé la santé. Et personne ne trouvera à y redire : en pleine recrudescence du virus, une rentrée des classes « presque normale » était LA priorité du moment. Ce qui semble avoir été le cas. L’économie pouvait attendre quelques jours. Le 26 août, lors de l’université d’été du Medef, le Premier Ministre Jean Castex a tenté de rassurer les dirigeants : « tout est ficelé, le gouvernement travaille depuis des mois sur le plan de relance ». Un plan massif de soutien à l’offre et non à la demande. Le dispositif du chômage partiel restera applicable au moins jusqu’au 1er novembre et jusqu’à 2 ans en cas d’accord sur l’activité partielle longue durée. Il restera accessible sans accord jusqu’à la fin de l’année pour les secteurs les plus fragilisés. Quant aux impôts de production, ils seront abaissés de 10 Mds dès le 1er janvier 2021. Prévue pour 2021, la baisse d’impôt sur les sociétés est maintenue. Une ligne clairement pro-business. De quoi satisfaire le patronat. Le « Mr déconfinement » d’Emmanuel Macron en mai cherche à créer ce fameux « choc de confiance » pour relancer l’économie française qui, selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, pourrait connaître « une récession inférieure à – 11% en 2020 ».

Die für 2021 geplante Senkung der Besteuerung der französischen Unternehmen wird beibehalten

Car si le moral des patrons français tendait à s’améliorer ces dernières semaines, le rattrapage d’activité post confinement semble s’estomper. Et les perspectives d’activité enregistrées fin août par l’Insee pour le prochain trimestre se sont légèrement tassées. Au risque sanitaire toujours présent, l’attentisme demeure aussi bien dans les prises de décisions des entreprises françaises (dont l’endettement est l’un des plus importants en Europe), que dans le comportement de consommation des ménages. D’autres mesures de soutien sont donc attendues et nécessaires. Une partie de la réponse sera donnée aujourd’hui.
De son côté, l’Allemagne a engagé son plan de relance, plus massif (130 Mds) en juin, renforçant l’idée d’un « décrochage » que redoute le Medef depuis le début de la crise. Alors que le pays connait lui aussi une recrudescence du virus, (et du chômage), Berlin a prolongé, le 25 août, les mesures de soutien aux entreprises. Prolongation (de 12 à 24 mois) du dispositif de chômage partiel et des aides aux Pme, assouplissement de la législation sur les faillites. Au total, 10 Mds supplémentaires pour stabiliser son économie. « L’Allemagne ressort de la crise en meilleure position que beaucoup d’autres pays » a souligné le ministre des Finances Olaf Scholz.
Globalement, la situation semble un peu meilleure outre-Rhin où les entreprises anticipent un retour à la normale d’ici 11 mois en moyenne selon l’institut Ifo, alors que les prévisions en France sont beaucoup plus incertaines. Dans ce contexte, les entreprises ont été (presque) étonnamment actives sur le marché franco-allemand cet été à l’instar par exemple de Hynamics (EDF), Spie, Eos Imaging, Decathlon, Moa, Grenke, Dräger, Tryba Energy, badenova, Ecole42, Haulotte, ou encore La Poste, Aereco, SergeFerrari…(lire notre rubrique Vie des entreprises page 14). De bonne augure pour le renforcement de la coopération bilatérale.

Bonne lecture et bonne rentrée !