Das Gespenst von 1929

«Ce que nous vivons n’a pas d’autre comparaison que la Grande Dépression de 1929 » a déclaré Bruno le Maire, le Ministre français de l’Économie le 24 mars dernier. Avec 3 milliards de personnes confinées, l’économie mondiale est quasiment à l’arrêt. Elle rentre dans une zone inconnue.
Après la Chine, l’Europe (déjà entrée en récession) et les Etats-Unis encaissent le choc de plein fouet. Depuis 15 jours, banques centrales et gouvernements multiplient les plans de relance pour éviter le pire, souvent sans concertation. « Les gouvernements doivent prévoir des mesures plus fortes et mieux coordonnées afin d’absorber le choc économique croissant » a averti le 26 mars Angel Gurria, Secrétaire Général de l’OCDE. Chaque mois de confinement entraîne une perte de 2% dans la croissance du Pib annuel mondial.

Was auch immer es kostet / Schutzschild

Situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. En Europe, l’orthodoxie budgétaire a volé en éclat en quelques jours. La BCE a débloqué 750 Mds d’euros. La France dépense sans compter pour sauver son économie, « Quoi qu’il en coûte », tout comme l’Allemagne qui sort son « bouclier de protection » économique et social à 750 Mds d’euros. Ces mesures seront-elles suffisantes ?
Mais « la solidarité européenne » appelée dimanche 29 mars par Jacques Delors semble encore un voeu pieux : l’Italie et la France réclament la création de « Coronabonds » pour mutualiser le coût de ces mesures budgétaires exceptionnelles, ce que les Pays-Bas et l’Allemagne refusent encore. « Nous travaillons sur une réponse européenne » a assuré le 30 mars Bruno Le Maire sur BfmTV.

Der Aachener Geist stärker als das Virus

Lueur d’espoir dans cette double crise sanitaire et économique inédite : sur le terrain, face au virus, la solidarité fonctionne en zone frontalière. Depuis une dizaine de jours, les hôpitaux allemands (mais aussi suisses et luxembourgeois) accueillent les malades français pour désengorger les hôpitaux du Grand- Est. Un geste qui fait chaud au coeur. L’amitié franco-allemande est une réalité. L’esprit d’Aix-la-Chapelle sera plus fort que le Covid 19.

Impact du confinement sur la croissance européenne
Crédit : © Euler Hermes / Allianz research

 

Activité partielle : 15 000 employés de sociétés allemandes sans établissement en France éligibles

Publiée samedi 28 mars au journal officiel (JORF n°0076), l’ordonnance n° 2020-346 du 27 mars 2020 portant sur les mesures d’urgence en matière d’activité partielle indique dans son article 9 que « les salariés mentionnés à l’article L. 243-1-2 du code de la sécurité sociale qui sont employés par une entreprise ne comportant pas d’établissement en France peuvent être placés en position d’activité partielle et bénéficier à ce titre de l’indemnité horaire prévue à l’article L. 5122-1 du code du travail… ». Ainsi, les entreprises allemandes, sans établissement en France, mais qui emploient de façon durable des salariés en France et s’acquittent des cotisations sociales dues en France, pourront bénéficier du dispositif d’activité partielle. Ce dispositif est valable pour l’ensemble des entreprises étrangères dans cette situation. « Plusieurs milliers de sociétés allemandes sont concernées. Elles emploient environ 15 000 salariés français » se félicite Patrick Brandmaier, directeur général de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie (CFACI), qui avait directement interpellé le gouvernement sur le sujet il y a quelques jours.

Par Sylvain Etaix