Des patrons allemands optimistes mais critiques face à la nouvelle coalition

Le 24 novembre 2021. Après plusieurs semaines de tractations, le futur gouvernement présente son contrat de coalition.
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Le monde économique allemand semble lui aussi séduit par l’esprit de renouveau qui émane du tout nouveau contrat de coalition signé le 24 novembre par les trois partis sortis victorieux des élections législatives de septembre dernier : les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et les libéraux du FDP. Martin Brudermüller le patron du conglomérat de chimie BASF a qualifié ce contrat de « bonne base pour un nouveau gouvernement qui préparera l’Allemagne à l’avenir ».

« Ein ambitioniertes Programm für die Transformation »

Même son de cloche du côté de l’industrie automobile qui représente plus de 800 000 emplois : Hildegard Müller, présidente du puissant lobby automobile VDA et proche de la chancelière Angela Merkel s’est félicitée d’un « programme ambitieux de transformation ». De même, la fédération de l’industrie allemande (BDI) salue « une bonne définition des priorités ». Les patrons allemands se veulent optimistes tout en ne masquant pas leurs critiques. Beaucoup reprochent à la nouvelle coalition feu tricolore de rester trop floue dans ses projets de transition énergétique et notamment de ne pas préciser le volume d’investissements publics nécessaires et leur financement.

Viele vage Absichtserklärungen

De nombreux constructeurs automobiles auraient souhaité davantage de mesures pour accélérer le développement des voitures électriques. Certaines régions telles que la Lausitz à l’est encore très structurée par l’industrie minière, s’inquiètent vivement de la décision de sortie du charbon en 2030 et réclament dès maintenant des mesures pour compenser la perte de ce secteur. La digitalisation, la décarbonation et le vieillissement démographique exigent des réponses et un « projet de grande portée », souligne Rainer Dulger, le président de la fédération du patronat (BDA) « qui n’est malheureusement pas toujours visible dans le contrat de coalition ». Le contrat de coalition ne dit en effet rien sur le financement à long terme des retraites.

Autre critique, la solidité budgétaire des projets de la nouvelle coalition. Les partis du futur gouvernement se sont accordés sur le « dénominateur commun le plus cher », affirme Markus Jerger, le directeur de la fédération du Mittelstand (BVMW). Selon lui, les différents projets, notamment le développement des énergies renouvelables, ne pourra (sans augmentation d’impôts, ce qu’a exclu la nouvelle coalition), être financé sans nouvelles dettes. Un autre dossier pourrait bientôt devenir brûlant : les prix croissants de l’immobilier et des loyers. Le contrat de coalition a suscité les protestations de toutes parts, les représentants des locataires considérant qu’il ne faisait pas avancer leur cause, les représentants des propriétaires s’inquiétant eux d’un possible prolongement du frein à la hausse des loyers (Mietpreisbremse) jusqu’en 2029. Autant dire que les premiers pas du nouveau gouvernement seront scrutés à la loupe.

Aus der Wirtschaft kommt viel Lob für den Koalitionsvertrag von SPD, Grünen und FDP- und manche Kritik.