Deutschland erleichtert aber sorgt sich um Macrons Haushaltspolitik

A l’image de la majorité de la classe politique outre-Rhin, l’ensemble des patrons et économistes allemands ont poussé un grand soupir de soulagement à l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron dimanche 24 avril. « L’industrie allemande est soulagée que la France reste un partenaire fort dans une période de crises internationales », a déclaré Siegfried Russwurm le président de la puissante fédération de l’industrie (BDI), ajoutant que « les grands défis posés par la guerre en Ukraine et par la pandémie, la protection du climat et la numérisation nécessitent un moteur franco-allemand intact au coeur de l’Europe. ».

Mardi 26 avril, le Süddeutsche Zeitung titrait : « la France risque de devenir un cas problématique au sein de l’UE »
Crédit : © Süddeutsche Zeitung

Eine große Herausforderung

Que ce soit le Mittelstand, le secteur automobile ou les machines-outils, les acteurs économiques allemands ne cachaient pas leurs craintes à l’approche du scrutin du second tour, de voir Marine Le Pen remporter l’élection. « Maintenant, les entreprises ont enfin la certitude qu’il n’y a pas de danger de ce côté », a souligné Markus Jerger, président de la fédération du Mittelstand (BVMW), « une incertitude supplémentaire aurait vraiment été la dernière chose dont nous aurions eu besoin en tant qu’économie, en tant que Mittelstand, dans la situation actuelle ». Mais le score atteint par la candidate du Rassemblement national continue d’inquiéter. « Une très grande partie de la population a voté pour des partis radicaux et s’est prononcée contre le projet européen dans sa forme actuelle. C’est un grand défi pour le président français », s’est ému Karl Haeusgen, le président de la fédération des machines-outils (VDMA).

Problemfall für Europa

Le moment des félicitations passé, les patrons allemands n’ont pas tardé à formuler des exigences en direction de la France et du couple franco-allemand. « L’Allemagne et la France doivent à présent s’unir pour redonner à l’UE une orientation plus stable, plus favorable à la croissance, à l’innovation et au progrès » a poursuivi Markus Jerger en exhortant les deux pays à réexaminer des projets comme la loi européenne sur les chaînes d’approvisionnement ou la taxonomie sociale.

Surtout, nombre d’économistes mettent en garde contre une dégradation des finances publiques françaises. L’augmentation de la dette publique de l’Hexagone au cours du premier mandat d’Emmanuel Macron et son intention affichée de multiplier les mesures en faveur du pouvoir d’achat des Français les prochains mois font grincer des dents outre-Rhin. « Combien la montagne de dettes de la France va-t-elle nous coûter ? » a titré le tabloïd Bild mardi 26 avril. Tout aussi sévère le quotidien Süddeutsche Zeitung a jugé que « la France risque ainsi de devenir un cas problématique au sein de l’UE », en faisant du pacte de stabilité et de croissance, un instrument en « mort cérébrale » pour reprendre une expression qu’avait utilisé le président français pour parler de l’OTAN.

„Wie teuer wird Frankreichs Schuldenberg für uns?“