Edito – Wiederentdeckung des deutsch-französischen Wirtschaftsraums

La coopération franco-allemande concerne aussi le football. Le 18 juillet 2019, Marc Keller, président du Racing Club de Strasbourg Alsace et Michael Mack, CEO d’Europa Park ont annoncé leur nouveau partenariat.
Crédit : EuropaPark

Quel Paradoxe ! L’Allemagne est au bord de la récession (- 0,1 % du Pib au second trimestre). Ses industriels s’inquiètent de la chute de leurs carnets de commande (en provenance de Chine notamment, les Chinois comptant parmi les principaux acheteurs des machines-outils et des automobiles allemandes). Le moral dans les chaussettes (pas tous, beaucoup vont très bien !), ils exhortent Berlin à redonner un coup de fouet à l’économie, mais l’exécutif semble maintenir le cap. Les 45,3 Mds € d’excédent budgétaire enregistrés au 1er semestre et la vigueur de la consommation intérieure (boostée par la hausse des salaires, +4,8% sur an) amortissent la baisse de la demande mondiale en produits Made in Germany. Pour combien de temps ? Le “modèle allemand” est-il dépassé comme certains l’affirment ou s’agit-il d’un trou d’air momentané comme le pense Alain Fabre, responsable des études économiques d’Ethic ?
https://bit.ly/2LdDcKM.

De son côté, la France (+ 0,3% de croissance au second trimestre selon l’Insee, qui a révisé le 28 août son estimation initiale de + 0,2%) résiste mieux aux turbulences internationales, son économie étant (relativement) moins ouverte (491,6 Mds d’exportation en 2018, contre 1317 Mds pour nos voisins allemands). Le gouvernement annonce une croissance de + 1,4% pour 2019. Le FMI et l’OCDE avancent +1,3%. En comparaison avec leurs homologues allemands, le moral des industriels français est plutôt bon. La consommation des ménages progresse (+0,4% en juillet) et la (certes trop lente) décrue du chômage se poursuit (8,5% au second trimestre, contre 9,6% en 2017). L’ambiance n’est donc pas à la sinistrose mais l’économie française n’est pas à l’abri d’un effet domino. La France exporte près de 70 Mds € vers l’Allemagne (près de 15% des exportations françaises), et reste également dépendante de la demande mondiale (256,3 Mds d’exportation au premier semestre 2019). Face au ralentissement allemand (qui reste le premier partenaire commercial de la France), le secrétaire d’état en charge du Commerce extérieur, Jean-Baptiste Lemoyne, plaide pour une diversification géographique de l’offre française…

Im Sommer waren die deutschfranzösischen Unternehmen sehr aktiv !

Dans ce contexte, on pourrait presque croire que l’activité des entreprises franco-allemandes soit en berne. Bien au contraire ! Elles n’ont pas chômé cet été. Pêle-mêle, quelques exemples : Solutions 30, FlixMobility, Air Liquide/Thyssenkrupp, DB Shenker, Alstom, Luko/Munich Re, October, Sigfox/DHL, EFESO/ROI Management, Winterhalter, Delticom, Finleap, NFON AG, BASF/ Domo Chemicals, HRA Pharma /Merz, Brochard Constructeur/Fliegel, HF Compagny/ Voxx, Bauer Media /SETC, Axel Springer/MeilleursAgents, Osmo/Spie, Société Générale/Pema GmbH, Europa Park/RC Strasbourg… Et bien d’autres ont marqué l’actualité estivale.
Et si le contexte international actuel était l’occasion pour les entreprises allemandes, comme pour les entreprises françaises, de redécouvrir l’intérêt de l’espace franco-allemand comme terrain de jeu : un marché de près de 150 millions de personnes au coeur de l’Europe avec un potentiel de coopération et d’opportunités de marché encore largement sous-exploité. Les entreprises citées ci-dessus l’ont bien compris…
Ce numéro de rentrée, encore une fois très dense, vous sert sur un plateau ce que vous avez sans doute manqué, pris dans la torpeur de l’été. Bonne lecture et à très bientôt pour notre prochaine édition !

Sylvain Etaix, fondateur d’Acteurs du franco-allemand