Emmanuelle Charpentier, l’électron libre

Crédit : © nobelprize.org

Ihre « Genschere » kann Pflanzen und Menschen verändern, Dafür hat die französische Mikrobiologin und Genetikerin am 7. Dezember den Chemie-Nobelpreis erhalten. Porträt einer Pionierin.

On pourrait voir en elle un beau symbole franco-allemand. Sauf qu’Emmanuelle Charpentier, sixième femme à avoir reçu le Prix Nobel de chimie, ne pense certainement pas en ces termes. Celle qui se présente avant tout comme “un électron libre” a quitté la France il y a plus de vingt quatre ans et a fait une impressionnante carrière internationale qui l’a mené à New York, Memphis, Umea (Suède), Brunswick, Vienne puis Berlin. Récompensée avec sa collègue américaine Jennifer Doudna pour sa découverte en 2012 de la technologie CRISPCas9, appelée aussi ciseaux moléculaires, l’une des percées les plus importantes en biotechnologie, la généticienne et microbiologiste âgée de 52 ans, qui dirige aujourd’hui l’institut Max Planck de biologie des infections à Berlin, va continuer comme avant à vouer sa vie à la science et à la recherche. Il n’est pas question pour elle de se laisser déborder par le tourbillon médiatique lié à son Prix Nobel. D’autant que la chercheuse décrite par ses collègues comme “minutieuse, rigoureuse et exigeante” accorde la grande importance au travail en équipe et aux coopérations internationales. Ça n’a pas empêché les dirigeants politiques des deux côtés du Rhin de tenter de redorer le blason de la recherche française ou allemande alors même que la scientifique se trouvait en Suède au moment de sa découverte de CRISP-Cas9. Le système CRISP-Cas9 n’offre rien de moins que « le redoutable pouvoir de contrôler l’Evolution » comme l’écrit sa collègue Jennifer Doudna dans son livre Un coup de ciseaux dans la Création (H&OEditions), dont la traduction vient de paraître en France. Les ciseaux de la génétique permettent de couper, remplacer ou corriger un gène sur demande et offre d’immenses perspectives en médecine, agriculture et biotechnologies. Depuis cette découverte, prix et distinctions en tout genre ont plu, il ne manquait donc plus que le Prix Nobel à cette chercheuse déterminée.

Das ganze Leben in der Schule

Pour autant, Emmanuelle Charpentier n’a pas caché son émotion lorsqu’elle en a été informée le 7 octobre dernier. Cette brune à la silhouette menue, au regard brillant et la voix posée a grandi avec ses parents et ses deux grandes soeurs en banlieue parisienne dans un environnement modeste mais intellectuellement  stimulant. Son père travaillait comme responsable des espaces verts citadins et sa mère comme cadre dans un hôpital psychiatrique. Très tôt, elle a su qu’elle voulait apprendre et comprendre le monde. Elle avait six ou sept ans et sa grande soeur venait d’entrer à l’université. « Faire de la recherche c’est être à l’école toute sa vie », a t-elle expliqué à France Culture à l’occasion de la remise de son Prix Nobel le 7 décembre dernier à l’Ambassade de Suède à Berlin. Après un doctorat de microbiologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie, elle s’est envolée en 1996 pour les Etats-Unis pour faire un post-doc. Elle a compris très vite qu’elle ne supporterait pas une structure trop hiérarchique et qu’elle voulait pouvoir mener ses recherches en étant libre. D’où sans doute ses nombreux déménagements…

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