Le 11, mais…

Le « discours de la méthode » d’Edouard Philippe le 28 avril sur la stratégie de déconfinement a soulevé davantage d’interrogations que de certitudes. Le 11 mai… mais peut-être cette date sera-t-elle reportée si les conditions sanitaires ne sont pas au rendez-vous. Logiquement très critiqué par l’opposition, le plan a été voté par le Parlement dans la foulée. Parmi toutes les catégories de Français plongés dans l’incertitude, élus de terrain, parents, enseignants et professionnels du transport sont particulièrement dans le flou face à des mesures contradictoires.
Les professeurs des écoles ont le sentiment de faire de la garderie des plus jeunes enfants pour permettre à leurs parents de retourner travailler, les collégiens et lycéens se gardant tout seuls à la maison… Les cantines scolaires sont autorisées mais sans modalité précise, alors que les restaurants restent fermés. Sans parler de l’incertitude de l’approvisionnement en masques et en gels le jour J. La grande majorité du corps éducatif souhaite retourner à l’école mais les syndicats ont prévenu : ils exerceront leur droit de retrait si leur sécurité et celle des élèves ne sont pas assurées. Renvoyés face à leur responsabilité, plusieurs maires ont déjà pris des arrêtés pour ne pas rouvrir les écoles dans leurs communes. Quant aux mesures de distanciation recommandées dans les transports en commun, elles sont, comme à l’école, quasiment impossibles à mettre en oeuvre.
Sur le plan économique, la réouverture des commerces sera, là aussi, progressive et laissée à l’arbitrage des préfets pour les marchés et les grandes surfaces de plus de 40 000 m². Quant aux mesures de soutien des entreprises, peu d’annonces, si ce n’est que le chômage partiel (11,2 millions de salariés concernés) sera reconduit à minima jusqu’au 2 juin. Alors que Pôle emploi vient d’annoncer un pic de nouveaux demandeurs d’emploi (+246 000 en mars), le dispositif (adopté par 890 000 entreprises) sera prolongé pendant la reprise, mais « avec un taux de prise en charge par l’Etat un peu moins important » a rapidement précisé la Ministre du travail Muriel Pénicaud.
En raison des rentrées scolaires progressives, les parents qui devront garder leurs enfants continueront de bénéficier d’indemnités journalières.

« Der Moment ist gekommen, auf den Grundgedanken der deutsch-französischen Beziehungen zurückzukommen, und zwar ohne hin und her ».

Frankreich hebt die Ausgangssperre auf, während Deutschland sich auf eine zweite Welle einstellt.

De son côté, l’Allemagne a débuté son déconfinement le 20 avril. Une partie des écoles, des magasins et des usines viennent de rouvrir. Il y a encore quelques jours, on croyait le pays tiré d’affaires. Mais ce même 28 avril, l’Institut Koch a alerté d’une nouvelle progression du taux d’infection. Face à la menace d’un « seconde vague », les autorités sanitaires et la Chancelière ont rappelé les Allemands à la plus grande vigilance.
En France comme en Allemagne, le moral des entreprises est encore au plus bas. A quand la sortie du tunnel pour l’économie européenne ? « Le scénario noir est que les entreprises gèlent leurs embauches et leurs investissements pour 2021 et que les ménages ne se remettent pas à consommer. La reprise serait alors impossible » prévient l’économiste Patrick Artus. « Il faut un plan massif et coordonné de l’UE à la rentrée pour soutenir à la fois une consommation plus éco-responsable, via des incitations fiscales, et soutenir l’offre via la baisse de la fiscalité sur la production et des exonérations de charges pour soutenir l’emploi ».
Les chefs d’état européens ne se sont pas encore accordés sur le grand plan de relance à 1000 ou 1500 Mds d’euros. « Nous devons d’abord définir des objectifs avant de parler des instruments » rappelle Marcel Fratzscher. Une chose est sûre : Paris et Berlin doivent tirer dans la même direction pour sortir l’Europe du chaos. « C’est le moment de faire du grand franco-allemand, pas du blabla » tranche Patrick Artus.
Dans notre soucis de vous fournir de l’information pratique, nous vous proposons un tableau synthétique des mesures prises à Paris et à Berlin. Réalisé en coopération avec le cabinet d’affaires Valoris, il sera particulièrement utile ces prochaines semaines et prochains mois pour faciliter la prise de décision des dirigeants des filiales de groupes allemands en France et des filiales de groupes français en Allemagne.

par Sylvain Etaix